« La machine analytique tissera des motifs algébriques comme les métiers de Jacquard tissent des fleurs et des feuilles. » Ada Lovelace, Note A, 1843
Ada King, née Byron, comtesse Lovelace, naît le 10 décembre 1815 à Londres. Très jeune, elle commence à étudier les mathématiques. Elle se hisse à un niveau suffisant pour apprécier le travail d’un inventeur talentueux, Charles Babbage. Celui-ci vient de mettre au point un calculateur automatique. Ada se penche sur ces rouages complexes et une intuition lui vient : et si, au lieu de ne manier que des chiffres, cet engin traitait aussi des symboles ? Elle met son intuition au propre : ce sera la fameuse « Note G », publiée en 1843, le premier programme informatique au monde. Ada ne saura jamais qu’elle a été géniale. Elle meurt à 36 ans, le 27 novembre 1852. Ada défendait ardemment l’idée de « science poétique ». Fusionnant science et poésie au sein d’une même vision, elle a rêvé d’une machine qui serait capable de parler des langages jusque-là inconnus. Elle a imaginé l’informatique, elle l’a tirée du néant à une époque où notre modernité s’éveillait à peine. Son œuvre, fleur fragile éclose au sein des brumes du romantisme, s’est levée comme un soleil sur la seconde moitié du XXe siècle et illumine le troisième millénaire. En donnant sa forme à notre futur, Ada Lovelace a marqué notre civilisation autant que Pasteur, Einstein ou Fleming.