À la fin du XVIIIe siècle, la Pologne perd son indépendance et ne la retrouvera qu’en 1919. Entre-temps, le territoire polonais connaît plusieurs vagues de diasporas – ou de Polonias comme le disent les Polonais. La première Polonia française est politique : elle commence au début des années 1830, après l’échec de l’insurrection de 1830-1831, et se poursuit jusqu’en 1870 au gré des soulèvements successifs contre l’occupant russe et de la répression qui s’ensuit. Pendant ces quarante années, 30 000 Polonais environ s’établissent en France.Ils posent les bases d’une présence culturelle durable, renforcée par l’arrivée d’artistes, d’intellectuels et de scientifiques : Maria Sk?odowska, qui passera à la postérité sous le nom de Marie Curie. Au début du XXe siècle vient le temps de la migration économique. La France a besoin de main-d’œuvre : en 1909, une première vague de mineurs polonais vient ainsi s’employer dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais. C’est dans l’entre-deux-guerres que la présence polonaise en France devient véritablement massive. Paradoxalement, alors que 1923 voit le retour définitif de la paix en Pologne, c’est l’année où le plus grand nombre de Polonais s’installent en France. Si cette immigration se tarit avec la crise des années 1930, les liens restent forts entre les deux pays : des centaines de milliers de Polonais ont fait souche en France, où ils ont contribué à diffuser la culture polonaise.